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Si vous tombez sur cet article sans avoir lu celui nommé « De Pagnifik à Pagnific, de l’eau à coulé sous les ponts », lisez le; celui-ci en constitue la suite.

Je vous explique ici en 3 points mon cheminement et les raisons qui ont sous-tendu l’arrêt de Pagnifik.

  1. Un intérêt pour le wax qui a quasiment disparu 

En suivant de manière quasi quotidienne l’évolution des marques depuis 2012, j’ai pu voir en long et en large les multiples facettes de l’utilisation du wax.

Au fil du temps, tout ressemblait à du « déjà vu ». Je me suis alors intéressée aux autres textiles et aux matériaux africains utilisés en mode.

Le discours « le wax n’est pas africain », je ne l’ai pour ma part jamais tenu en tentant de le dénigrer. Bien au contraire, bien que connaissant les origines de ce tissu, j’ai toujours considéré que les Africains étaient ceux qui avaient contribué à son essor et savaient le mieux l’exploiter. 

Cependant, j’avais conscience que les projecteurs mis sur le wax empêchaient aux vrais textiles africains de progresser. 

J’ai donc commencé à faire plus de recherches sur les textiles africains: raconter leur histoire, leur utilisation dans la mode contemporaine. L’idée était de contribuer à mon humble niveau a assurer  leur promotion.

Le basculement s’est fait en janvier 2017 alors que je démarrais les préparatifs de Wax a Wonderful World – Edition 6.

J’avais démarré une série d’articles sur les textiles africains et en ai rédigé un sur l’adinkra.

 J’ai découvert dans mes recherches que l’adinkra était le plus ancien des textiles imprimés en Afrique.

Constater que le wax avait réussi à prendre l’appellation « imprimés africains » alors qu’un vrai et authentique textile imprimé africain était totalement méconnu m’a fait adopter un sentiment de rejet vis à vis du wax…

Ce que je dis peut paraître excessif mais c’est vraiment de cette manière que je l’ai ressenti à l’époque.

Je me suis donc beaucoup intéressée aux symboles Adinkra et en ai fait l’identité visuelle de WaWW Édition 6 (tote bag, objets de décorations avec des symboles Adinkra).

L’énergie qui m’avait jusque-là portée pour gérer le site, animer une communauté, organiser l’évent, a baissé: je n’avais plus envie de mettre le wax à l’honneur alors que je le considérais comme un usurpateur.

  1. La phobie administrative 

J’emprunte cette expression au politique français Thomas Thévenoud, qui l’a sortie comme excuse pour ne pas avoir déclaré au fisc une partie de ses assets.

De mon côté, c’est une vraie difficulté que je n’ai toujours pas réussi à surmonter.

C’est valable dans ma vie personnelle (accumulation de courriers administratifs, paiement en retard de factures faute de les avoir vu à temps ou fait les démarches de prélèvement automatique,…) et ça a été encore plus criant avec Pagnifik.

J’ai été accompagnée au départ pour les démarches administratives liées à Pagnifik: choix de la personne morale, dépôt du nom à l’INPI, comptabilité, etc…

Mais la réalité est qu’il y avait beaucoup trop à faire pour une phobique administrative comme moi. J’aurai pu/du rechercher un expert comptable (ou un responsable administratif ?) pour s’occuper de toutes les démarches administratives et comptables qui me rebutent encore aujourd’hui.

Mais la réalité est que les finances ne le permettaient pas. De plus, mon aversion pour ce domaine fait que je ne prenais pas le temps de savoir de quel type d’aide j’aurai eu besoin et par quoi il aurait fallu commencer…

Le temps que j’avais à consacrer à Pagnifik (qui, je précise, était pris sur mon temps libre car je suis salariée), je ne voulais pas le « gaspiller » à m’occuper de tâches administratives… Je préférais l’utiliser pour écrire des articles, préparer les évents, faire des recherches, animer les réseaux sociaux Pagnifik….

Bref, je l’ai payé cher… Au moment où j’eus décidé de déposer le bilan, ma chère amie Mymi qui m’a aidée à le faire s’est arrachée les cheveux pour qu’on puisse le faire dans les règles de l’art.

Je vous passe tous les aspects relatifs à l’argent que j’ai perdu pour cause de retard ou négligence administrative (factures d’huissier pour recouvrer des frais URSAAF, paiement à tort de charges sociales que je n’ai pas réclamées après coup…)

Bref, c’est de l’histoire ancienne désormais.

  1. L’esprit d’entrepreneuriat ? 

Je parle de cet esprit qui fait qu’on a envie de se battre à tous les coups et quelque soit la cause pour maintenir à flot une activité ou un business, voire le ré-inventer. Et bien, je pense qu’il me fait défaut…. et que je n’ai pas spécialement envie de l’avoir, du moins, pas envie de me battre pour l’avoir…

A plusieurs reprises, on m’avait proposé des pistes et idées pour rentabiliser Pagnifik.

J’en ai refusé un grand nombre parce qu’elles étaient orientées « business », « faire des sous », alors que ce qui me motivait de mon côté, c’était de m’investir pour des choses que j’aime. C’est cela qui me donnait de l’énergie.

De ce que je vois ou lis des serial entrepreneurs, ils sont sans cesse à la recherche des idées pour faire fructifier financièrement leur business. Chez moi, cet aspect arrive au second plan, voire n’est jamais présent..

La combinaison de ces facteurs a finalement joué sur ma motivation et l’utilisation de mon énergie.

Très peu d’intérêt pour le wax avec donc la nécessité de renouveler le narratif de Pagnifik mêlé au poids des charges administratives et financières.

A cette époque en 2017, j’entrais également dans une nouvelle phase de ma carrière professionnelle avec de nouvelles responsabilités et une énorme charge de travail.

Après l’édition 6 de Wax a Wonderful World, j’ai posé le crayon sans prendre de décision. J’aurai continué quelques mois plus tard si l’envie était revenue, ou une autre source de motivation….

Rien ne s’est passé dans ce sens.

J’ai donc entamé, sans aucun regret, les procédures de dépôt de bilan au T4 2017.

Ma phobie administrative a fait que même cette étape a été longue et pénible…elle a duré plus de 6 mois. Je vous passe les détails.

J’espère avoir répondu à toutes les interrogations à ce sujet.

Dans un prochain édito, je vous expliquerai le pourquoi et le comment de Pagnific. N’hésitez pas à m’adresser en commentaires vos questions complémentaires . J’essaierai d’y répondre dans la mesure du possible.

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8 Comments

  1. Christèle avril 1, 2020 at 5:49

    Bon courage…je faisais des accessoires en pagne, en recouvrais les chaussures, sacs…et puis j’ai appris que c’était fait ailleurs..nous étions des consommateurs..Ça m’a rebuté…j’ai laissé tomber.. peut être que je n’avais pas la fibre entrepreunariale non plus..en plus tout le monde s’y est mis…

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    1. Pagnific avril 1, 2020 at 6:27

      Hello; le fait que ce soit « fait ailleurs » ne doit absolument pas vous décourager ou vous amener à laisser tomber…
      Le wax n’est pas la seule matière qui soit très utilisée en Afrique sans en être le fabricant à la base.
      Le wax génère une économie importante en Afrique, surtout en Afrique de l’Ouest, et il ne faut pas cracher dessus.
      Il ne faut juste pas négliger nos propres textiles au profit du wax. Tant qu’on est lucide sur l’origine de celui-ci, il n’y a pas de souci.

      Reply
  2. Kifa avril 2, 2020 at 10:52

    Wouah … malgré que j’avais disparu des réseaux plus d’un an ,je savais pas tt ça… en tout cas merci d’être revenue, tu es une battante et aime ce que tu fais ,j’ai été témoin de cela et je te remercierai jamais assez. Mais j’avoue que l’échec pousse à laisser tomber mais j’ai appris que si une chose est une conviction d’une vision propre à sa personne et qu’on ne voit pas pe temps passé quand on le fais il faut persévérer.
    Bisous marie

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    1. Pagnific avril 5, 2020 at 8:48

      Kifa, merci pour ces gentils mots 🙂
      Comme tu dis, il faut persévérer quand quelque chose tient à coeur.

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  3. Bichilla avril 2, 2020 at 5:57

    Merci pour ta transparence qui nous permet de mieux adhérer à mini-changement.
    Bon vent pagnifiC!

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    1. Pagnific avril 5, 2020 at 8:47

      Voilà. C’était important d’être transparente dès le départ.
      Merci pour les encouragements 🙂

      Reply
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